SEULE EN SA DEMEURE

Cécile COULON

Editions l’Iconosclaste – 2021
HISTORIQUE

Quatrième de couverture :

« Le domaine Marchère lui apparaîtrait comme un paysage après la brume. Jamais elle n’aurait vu un lieu pareil, jamais elle n’aurait pensé y vivre. »

C’est un mariage arrangé comme il en existait tant au XIXème siècle. À dix-huit ans, Aimée se plie au charme froid d’un riche propriétaire du Jura. Mais très vite, elle se heurte à ses silences et découvre avec effroi que sa première épouse est morte peu de temps après les noces. Tout devient menaçant, les murs hantés, les cris d’oiseaux la nuit, l’emprise d’Henria la servante.
Jusqu’au jour où apparaît Emeline. Le domaine se transforme alors en un théâtre de non dits, de désirs et de secrets enchâssés, « car ici les âmes enterrent leurs fautes sous les feuilles et les branches, dans la terre et les ronces, et cela pour des siècles. »


Aimée est une jeune femme arrivée à l’âge où il faut se marier. Pas de problème, un riche propriétaire célibataire vit tout proche. Ni une ni deux, la voilà mariée à un homme froid, discret, peu loquace, mais toujours à l’écoute de ses volontés. Alors qu’Aimée a grandi dans une famille où la chaleur et l’amour étaient omniprésents, il est difficile de s’acclimater. D’autant qu’avec le temps, des choses se révèlent …

Elle n’est pas la première épouse de son conjoint, et le fils de l’intendante ne serait muet par accident. Dans les non-dits, les secrets inavoués et inavouables, Aimée se sent perdue dans un monde sombre qu’elle n’imaginait même pas.

Alors quand arrive une professeur particulière, un souffle d’espoir et de possibilité se met à souffler, faisant trembler tout le domaine.

Le résumé vous vend un thriller noir, mais je ne l’ai pas du tout ressenti. C’est sombre, certes, mais de là à ce que ce soit ce que j’en retire, pas du tout. Pour moi le livre est plus une critique des castes, où le prolétaire devra tout donner à son supérieur social. Plus vous montez, moins vous avez de coeur car vous devez maintenir une image stricte et parfaite, quand le bas de l’échelle a le droit de vivre, d’aimer les plaisirs du quotidien et d’en profiter. Du moins, tant que vous restez dans votre caste … N’allez pas mélanger les torchons et les serviettes, ou il vous en cuira, de la propre main des gens de votre rangs qui respectent à la lettre le principe de servitude immuable.

Au final, Aimée qui voulait ressentir des choses, en viendra à accepter sa position de riche épouse, châtelaine d’un domaine, au prix de toute sa bonté et de son équité. Je préfère retenir cela du livre, qui à mon sens est plus intéressant qu’un roman à sensations. De plus, n’ayant pas lu Rebecca, je ne peux pas comparer 🤷

J’ai beaucoup apprécié la plume, le style, le jeux entre les noms des personnages et l’ambiance du roman. Un beau texte, très travaillé, que je recommande pour vous faire votre propre avis sur la/les question/s qu’il soulève 😊

2 réflexions sur “SEULE EN SA DEMEURE

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