LA COULEUR DES SENTIMENTS

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Kathryn STOCKETT

Editions Babel – 2013
HISTORIQUE

Quatrième de couverture :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.


Dans l’Amérique des années 50, la ségrégation est partout. L’esclavage est aboli mais des lois continuent d’imposer aux noirs de vivre dans une condition en-dessous des blancs. On suit quelques bonnes dans leur quotidien au service de femmes guindées, manucurés, au brushing impeccable et aux gants blancs immaculés. Sous le vernis lisse et propret de douce femme au foyer exemplaire, se cache en fait des harpies prêtes à tout détruire sur leur passage pour assouvir leur vengeance. Mais quel type de vengeance me direz-vous ? La vanité, l’orgueil blessé. Car ce n’est pas parce que vous avez une peau couleur crème fraîche que vous ne pouvez pas vous faire remettre à votre place par quelqu’un au teint chocolat !

La loi du silence. À cette époque, toute une communauté se trouvait certes affranchi de maîtres mais non libre de droit ou d’action dans leur pays. Un pays qui ne les tolère que pour les tâches ingrates, ménagères, ce que les autres ne veulent pas faire. On leur donne le rebu, en pensant que c’est déjà un grand geste de bonté dont ils doivent remercier le ciel chaque jour. Ils ont un travail, un salaire, c’est déjà le bonheur de toute une vie non? Naïveté stupide et typiquement bourgeoise des prétentieux.

La colère gronde dans les foyers où l’argent se gagne difficilement, où les fils meurent sans respect ou sont battus affreusement au point de les rendre handicapés. Est-ce l’avenir que les mères veulent pour leurs enfants? Est-ce qu’elles veulent que leurs filles subissent le même travail pénible et le mépris croissant de leurs employeuses ? L’eau déborde du vase, alimenté par Martin Luther King. Les choses doivent changer, et elles changeront. Mais il faut parler, énoncer ce qu’il se passe dans les foyers, raconter ce qui arrive aux noirs qui travaillent pour les blancs. Le bon comme le mauvais, il faut leur donner la parole.

C’est avec une justesse de parole et de délicatesse que l’auteure s’est mise dans la peau de ses bonnes américaines. Le danger encouru, la peur pressante, mais aussi le plaisir de voir grandir et s’épanouir un monde nouveau. L’amitié, plus que tout un gage de solidarité face à l’ennemi. Un Mississippi que l’on ne pourrait imaginer aussi raciste entre blanc et noir quand une dizaine d’années plus tôt des hommes de ce pays sont venus prêter main forte pour terrasser Hitler qui assassinait les juifs.

★★★★★

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