ROSA CANDIDA

couv68609684De Auður Ava Olafsdottir

Quatrième de couverture : Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s’en rendre compte les dernières paroles d’une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C’est là qu’Arnljótur aura aimé Anna, une amie d’un ami, un petit bout de nuit, et l’aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d’Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.


 » Tu es le bienvenu, si tu veux passer voir les regrets avec moi.
– Les quoi?
– La nostalgie. Il faut regarder la souffrance dans les yeux pour pouvoir partager celle de ceux qui souffrent.
 »


 

Comment parler de ce roman si ce n’est en vous imaginant en plein hiver, assis dans un bon fauteuil moelleux, enroulé par trois fois dans un plaid chaleureux au coin d’une cheminée, ce qui donne au tout un air cotonneux de pure détente. Rosa Candida, lorsque l’on en sort, nous laisse dans cet état de flottement hors du temps. Loin des tracas et du soucis de la vie quotidienne.

Avec son écriture délicate et poétique, on traverse les étendues de l’Islande puis des USA. L’écriture de l’auteure est vraiment magique, elle transporte littéralement. On a le sentiment de lire un conte, une histoire avant d’aller se coucher et de partir au pays des rêves. La tête dans les nuages, l’esprit vagabonde avec les aventures tout en finesse de Lobby. Malgré cela, il n’en reste pas moins un roman encré dans le réel avec parfois des petites phrases auprès desquelles on se reconnaît ; « j’y connais que dalle ».


 » L’incarnation de ma négligence en matière de contraception me regardait en face. »


Une histoire très humaine, où plane l’ombre de la mort en fond, contrebalancé par l’explosion de la joie de vivre avec l’arrivée de la petite fille (enfant de notre Lobby, point central de l’intrigue). Comme quoi l’un ne peut exister sans l’autre. Derrière chaque épreuve, chaque doute, chaque possibilité de revenir en arrière par simplicité, il y a de l’espoir. Celui de la confiance en soi, et d’une conviction inébranlable : tout est possible, aucun rêve n’est illusoire si on se donne la peine d’y croire.

Durant son voyage pour atteindre la roseraie, il lui arrive plusieurs aventures difficiles. A aucun moment ne viennent obscurcir le ciel de sombres pensées. Lobby vit les choses comme elles se présentent, sans s’enfoncer dans le négatif. Au final il fait bien car il rencontre des gens très gentils, le cœur sur la main, près à l’accepter ou l’aider sans condition. Personne n’est mauvais, il n’y a que bienveillance et empathie dans ce roman. L’échange, le partage de connaissances, tout est fait pour positiver sur ce qui nous entoure. La roseraie n’attire plus personne, aucun regard ne s’y accroche, elle en vient presque à gêner par sa présence les moines ? Lobby ne s’intéresse pas à cela, mais simplement à refaire s’épanouir la beauté du jardin et des roses qu’il contient. Redonner leur gloire à ces fleurs qui se sont oubliés elles-mêmes avec le temps. Tout est beau si l’on prend le temps de s’en occuper, avec de l’attention et de la passion. Tout en douceur un nouveau souffle de vie se crée tout autour de Lobby. Le jardin, sa fille, les gens qui le côtoient. Il est une étape pour certain, un carrefour d’où chaque vie va prendre une route différente.

Tout à une fin, pourtant ce roman commence à l’envers. Il débute par la mort et la tristesse pour terminer par une explosion de vie et d’espoir. Une ode au bonheur, à la nature, au partage, à l’écoute de son prochain. Un souffle vivifiant pour se rappeler ou croire que le monde est beau et mérite que l’on se lève chaque matin pour en profiter.


 » – Et les gens ils sont serviables?
– Oui, oui, ils sont serviables.
Et c’est la vérité. Les gens sont incroyablement serviables. J’ai tendance à croire que l’homme est, par nature et en gros, bon et honnête si les circonstances le permettent et que les gens s’efforcent généralement de faire de leur mieux. Si la personne à qui je demande mon chemin n’a jamais entendu parler de l’endroit que j’ai nommé et ne connaît pas la route, elle n’en cherche pas moins à me guider. Dans le pire des cas, cela peut signifier quelques heures de détours dans les montagnes, parce que les gens n’ont pas voulu manquer de courtoisie.
 »


★★★★★

2 réflexions sur “ROSA CANDIDA

    • B.Doing dit :
      Avatar de B.Doing

      Oh mince ! Oui je comprends le côté fade, il y a une certaine distance avec les personnages, surtout vis-a-vis de leurs pensées et actes. J’avoue n’avoir pas remarqué une différence notable pour la voix masculine mal interprété par l’auteure … A relire pour revoir mes pensées sans doute.

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