
Béka et José-Luis MUNUERA
Editions Dupuis – 2022
BANDE-DESSINEE/FICTION
Quatrième de couverture :
Dans un monde rétrofuturiste où les humains vivent entourés de serviteurs robots, la jeune Iséa préfère se réfugier dans Cyrano de Bergerac, film conseillé par Tal, sa seule amie, qu’elle ne rencontre que par écran interposé. Mais le jour où Debry, sa robot-nounou adorée, est renvoyée par sa mère, le fragile équilibre de l’adolescente s’effondre. Coûte que coûte, Iséa décide de retrouver la seule personne qui lui ait jamais donné de l’amour, fût-elle un robot… Accompagnée par un camarade d’école, Tilio, elle va partir vers l’étrange ville de Tulpa…
Dans un rétrofutur, nous sommes comme dans le film I-Robot. Des machines travaillent au service des humains, les aidant, les délestant de leurs besognes quotidiennes. A tel point, qu’ils ont le statut d’esclave sans intérêt, sans valeur autre que pécuniaire. Après tout, une machine n’est rien de moins qu’un assemblage de circuits avec un disque dur que l’on peut effacer à l’infini.
Pourtant, comme souvent, l’innocence et la douceur des enfants est plus humaine que la pensée capitaliste des adultes. Iséa, jeune enfant solitaire et rêveuse, voue un amour inconditionnel à sa nounou-robot Debry. En même temps, cette dernière passe bien plus de temps que sa propre mère à prendre soin d’elle. Alors quand Debry disparait un beau jour, sans laisser d’explication, le monde d’Iséa s’écroule. Il ne lui reste plus personne que sa mère absente et distante, ainsi que son amie virtuelle Tal. Toutes les deux passionnées par le film Cyrano de Bergerac, elles prennent la décision de faire comme le héros, de partir à l’aventure pour la personne aimée. Iséa fait ses bagages et emmène Tal avec elle pour retrouver celle qu’elle considère sa vraie mère, sa Debry adorée.
Cette bande dessinée est un véritable bijoux. Graphiquement, scénaristiquement, tout est absolument envoutant. La délicatesse du trait, associé à la bonté du personnage d’Iséa en fait une histoire d’un charme fou. Le message derrière tout cela est tout aussi fort, puisqu’il remet en question l’idée de l’amour, du respect. L’amour est-il une question de génétique, d’humanité ? Ou simplement d’ouverture et de compréhension des autres ? Peut-on aimer seulement sur la base d’un physique et non sur la personnalité de l’autre ? Tel Cyrano, l’amour va au-delà de l’être, au-delà de l’Humain. Il est intangible et inter-race. L’amour, l’âme, à chacun de concevoir si tout ceci est réservé à l’Humain, le donneur d’ordres, ou s’il peut s’étendre à tout être vivant, même fait de métal.
Gros gros coup de cœur, cela va sans dire.
Une réflexion sur “LES COEURS DE FERRAILLE, TOME 1 : DEBRY, CYRANO ET MOI”