
Julia MINKOWSKI
Editions JC Lattès – 2022
CONTEMPORAIN/BIOGRAPHIE
Quatrième de couverture :
Au cœur des années 1930 et d’un fait divers qui a défrayé la chronique, le crime des sœurs Papin, une plongée dans la psyché de leur avocate, une femme libre en prise avec une justice d’hommes.
Le Mans, 29 septembre 1933. Maître Germaine Brière prononce les derniers mots de sa plaidoirie. Sur le banc des accusés, les sœurs Papin, les deux bonnes qui ont tué leurs patronnes. Il est minuit passé, les jurés rejoignent la salle des délibérations.
Dans le palais désert, Germaine attend le verdict. Elle se remémore les combats de sa vie. Bientôt, elle sera l’avocate qui a sauvé les domestiques assassines ou celle qui a échoué face à une justice d’hommes et de notables. Le triomphe ou la honte. Ne reste qu’à espérer…
Au cœur d’un fait divers qui ne cesse de fasciner, Julia Minkowski brosse le portrait d’une femme libre et révoltée.
La lutte des classes dans ce monde en 1930 où l’échelle sociale est au-dessus de la morale, supérieure à la verite. Mais plus que tout, où l’homme est le seul maître, la femme suivant ses volontés. Alors imaginez, quand deux femmes de basse extraction assassinent deux bourgeoises, laissant un homme de la haute société dévasté, elles n’ont absolument aucune chance. Il faut les écraser, comme des insectes nuisibles afin de montrer et garder l’image parfaite dont la noblesse se pare.

Une belle plaidoirie contre la peine de mort, dont seuls ceux qui l’ont vécu peuvent en être les plus fervents défenseurs. Mais surtout, surtout, la place des femmes dans la société. Bon sang qu’il est terrible de lire ce qui était la norme pour l’époque ! Les femmes sont hystériques, les « femelles » ne peuvent exercer des métiers d’hommes puisqu’elles ne sont pas capables de réfléchir, et j’en passe et des meilleures.
On observe d’ailleurs, grâce au procès des deux soeurs, à quel point le fait d’être une femme est d’office une circonstance aggravante. Il y a moins d’étude, d’expertise, de recherche. On va au plus simple, pour les condamner. De toute manière à cette époque la psychologie était très rudimentaire, alors il ne faut pas trop leur en demander aux médecins … Je vous jure, le personnage de Germaine mérite toutes les médailles du monde. Un sacré bout de détermination et de conviction que l’on veut accompagner loin, et protéger des injustices masculines.

En bref, ce roman est à lire ! Une plaidoirie contre l’injustice faite aux femmes, contre l’incompréhension de la folie, contre un monde qui n’est peut-être pas encore si éloigné que cela de l’actuel. Basé sur des faits réels, les soeurs Papin ont façonné l’imagination par leur affaire, et continuerons à nous questionner, à galvaniser nos réflexions. Gros coup de coeur, bravo !