
Margaret KENNEDY
Editions La table ronde, Quai voltaire – 2022
SATIRE
Quatrième de couverture :
Cornouailles, 1947. Comme tous les étés, le révérend Seddon rend visite au père Bott. Hélas, son ami n’a pas de temps à lui accorder cette année, car il doit écrire une oraison funèbre : l’hôtel de Pendizack, manoir donnant sur une paisible crique, vient de disparaître sous l’éboulement de la falaise qui le surplombait. Et avec lui, sept résidents…Dans cette maison reconvertie en hôtel par ses propriétaires désargentés étaient réunis les plus hétéroclites des vacanciers : une aristocrate égoïste, une écrivaine bohème et son chauffeur-secrétaire, un couple endeuillé, une veuve et ses trois fillettes miséreuses, un chanoine acariâtre et sa fille apeurée… Le temps d’une semaine au bord de la mer dans l’Angleterre de l’après-guerre, alors que les clans se forment et que les pires secrets sont révélés, les fissures de la falaise ne cessent de s’élargir…
Un terrible accident vient de se produire, un pan entier d’une falaise vient de s’effondrer et ensevelir l’hôtel si situant en contrebas. Le tout bien sûr, avec les occupants encore dedans.
Mais comment cela est-il possible, qu’est-il arrivé ?
Bienvenue dans cette grande bâtisse, reconvertie pour des besoins pécunier.
L’occasion d’accueillir sous son toit un panel hétéroclite de pensionnaires. Entre la veuve sans le sous et ses trois filles naïves, une écrivaine croqueuse d’hommes, un couple qui ne se parle plus, un père insupportable et sa fille soumise, … Et j’en passe et des meilleurs ! Car bien évidemment, la famille résidente n’est pas en reste avec l’aîné que l’on maintient laid pour qu’il ne se marie pas afin de pouvoir payer les études des suivants, le père en dépression longue durée, et les aides de ménages qui ne sont pas là pour sauver la mise, bien au contraire.
Vous prenez tous ces personnages, vous les faites cohabiter quelques jours, et savourez. Basé sur les 7 péchés capitaux, nous retrouvons ces traits de caractère que nous aimons détester. La gourmandise, l’avarice, la colère, …. Mais la grandeur du roman, est dans cette façon qu’à l’auteure de réunir tout cela en un mélange homogène où tout s’imbrique parfaitement, trouve un sens. Car chaque action, parole, va donner lieu à une réponse plus tard. Ananke est en place, où le destin fait place au festin.
Ce livre est un vrai régal, drôle et touchant à la fois. Il parle des injustices, des inégalités, mais aussi du savoir-vivre, l’envie d’aider son prochain. Si certains sont mauvais, et leur méchanceté dégouline sur les autres, ce passage à l’hôtel sera l’occasion de se comparer, de discuter, de sortir de l’enfer. Il y a énormément de positif dans ces pages, d’espoir en un avenir meilleur. Après le désastre vient toujours un renouveau, la vie retrouve son chemin. Ce livre est à découvrir de toute urgence pour passer un moment calme, agréable, loin de vos soucis. Même si cela implique de voir une falaise tuer des gens ! Car bien sûr, le cynisme est subtilement distillé, à dévorer, à découvrir !
Une réflexion sur “LE FESTIN”