
Rose LAMY
Editions JC Lattès – 2021
ESSAI
Quatrième de couverture :
Qu’est-ce qu’elle faisait dehors à cette heure ? Avait-elle bu ? Que portait-elle ? Il ne peut pas l’avoir violée, je m’en porte garant, c’est mon ami. C’était une autre époque. Il faut séparer l’homme de l’artiste. C’est un drame, un crime passionnel, le geste fou d’un amoureux éconduit. Pourquoi n’a-t-elle pas porté plainte avant ? C’était un dérapage, une maladresse, un geste déplacé. Il ne pensait pas à mal, c’est quelqu’un de bien. On ne peut plus rien dire. Les féministes sont des folles hystériques.
« Depuis trois ans, je collecte et décortique des centaines d’exemples d’un discours sexiste dans la presse, à la télévision ou à la radio. Ce sexisme ne dit jamais son nom, mais c’est bien lui qui conduit les rédactions à taire ou à reléguer les violences sexuelles en périphérie des journaux. Lui qui se loge dans le choix d’un mot ou d’une virgule, participant à la culpabilisation des victimes et à la déresponsabilisation des accusés.
Comment lutter contre le sexisme quand il est perpétué et amplifié par les médias ? Il est temps d’explorer les fondements de ce discours, pour en défaire les mécanismes et nous en libérer. » R. L.
Comment vous parler de cet essai à sa juste valeur. L’auteure, Rose LAMY a fait un immense travail de documentation, de recueil d’éléments pour nous démontrer une vérité qui est sous nos yeux, mais que nous ne voyons pas.
Les médias, de part leur language, leur façon de tourner une phrase, de jouer avec sa structure, implicitement, nous transmettent des messages.
Comme avec les images subliminales, les discours des médias insufflent des idées à notre insu.
Bien sûr parfois c’est moins délicat, plus agressif et expressif, mais en général nous ne prêtons même plus attention à la lourdeur ou à l’ignominie misogyne de certains propos. Certains faits peuvent certes être replacés dans leur contexte historique, mais pas tous. C’est sans doute là que cela choque le plus .. quand on lit certaines paroles prononcées encore en 2019 publiquement sans la moindre gêne, cela a de quoi révolter. Dans un pays « libre » et « ouvert au progrès de son temps » il y a encore un lourd chemin à parcourir.
Grâce à ses recherches, Laure LAMY nous ouvre les yeux sur cela. Bien sûr certains propos étaient déjà connus, mais ce sont surtout les autres qui interpellent car on se rend compte qu’aujourd’hui rien n’a réellement changé depuis 1950. La place de la femme sera toujours minimisé, son statut infantilisé et rabaissé à un simple « soit belle et tais-toi ». Car oui, chaque femme publique aura son papier jugeant son physique, son maquillage, ou remettant ses actions et paroles en cause car ses émotions ont pris le pas sur sa personne. Alors que les hommes … Pas de jugement à ce niveau. Ils sont parfaits, à en lire les journaux, quand ils sont en conflit avec une femme.
Je ne fais qu’effleurer le sujet qui est bien bien vaste, et je n’arrive pas à la cheville de l’auteure pour en parler, donc lisez-le, ouvrez les yeux et ceux des autres, et peut-être, les femmes auront un jour la place qu’elles méritent, à savoir à égalité avec les hommes.