LA DÉLICATESSE DU HOMARD

Laure MANEL

Editions Audiobook – 2018
CONTEMPORAIN

Quatrième de couverture :

Elle est partie aussi loin qu’elle a pu, pour rejoindre le début du bout du monde… et venir s’échouer au pied d’un rocher face à la mer d’Iroise.
Elle dit s’appeler Elsa.
Elle ne veut pas qu’on lui pose de questions.
Qui est-elle ? Que cache-t-elle ?
Et lui, que cache sa rudesse ? Lui qui l’accueille sans même savoir pourquoi …

Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.


Elsa est retrouvée par terre, inconsciente sur une plage en Bretagne. C’est François qui la trouve et décide de l’emmener chez lui le temps qu’elle reprenne connaissance. Pourquoi ne pas l’avoir emmené à l’hôpital alors qu’elle lui est inconnue ? Il ne le sait pas, mais est convaincu qu’elle ne s’éternisera pas longtemps, ne souhaitant pas la voir rester.


Pourtant, sous son apparence fragile et fatiguée, Elsa hatise sa curiosité. Peu loquace, la jeune femme ne livre rien de son vécu. Elle ne parle que du futur, incertain, inconnu. Ce qui existait avant la plage semble trop douloureux, et est enfoui en elle.Néanmoins, des douleurs nous en avons tous. François lui-même n’a pas été épargné, et c’est grâce à son travail auprès des chevaux et à ses proches qu’il a trouvé la force de se relever.Alors pourquoi Elsa fait-elle ? Comment répartir de zéro est-il plus envisageable que de réparer ce qui est brisé ?


Bien sûr je ne vous en dévoile pas plus, mais le roman n’a pas fini de nous en apprendre sur ces deux protagonistes, leurs douleurs comme leurs saluts. Un très beau portrait sur ces personnes qui disparaissent volontairement, exprimant leurs opinions sans jugement, sans critique, simplement en montrant le point de rupture. Comment en être arrivé à ce stade. Puis la reconstruction, bien sûr, pour continuer, ou commencer à vivre pleinement.C’est très agréable, dépaysant, au rythme des vagues à l’âme, comme celles qui se brisent sur les plages bretonnes.


Seul bémol à mon goût, l’effet trop prononcé du « secret » d’Elsa. François aussi a sa part de mystère, mais il n’en est pas fait tout un foin. Je m’explique : j’ai horreur dans les histoires que l’on nous lance sur une idée, puis la couper sur « non non, je ne peux, c’est trop dur ». Le tout, ressassé à quasiment tous les chapitres. Nous avons compris qu’il y a un passé difficiles pas besoin d’en jouer à ce point, cela me lasse plus qu’autre chose ! La distillation n’est pour moi pas au top, mais cela n’enlève rien au reste du livre. Un bon moment d’écoute, avec une très belle narration que je conseille en livre audio 😉

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