MALGRÉ TOUT

Jordi LAFEBRE

Editions Dargaud, 2020
BANDE DESSINEE/ROMANCE

Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres. D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand cœur qui impose le respect. De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux.

Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable. Tout en égrainant les excuses…


Une histoire d’amour telle que l’on pourrait en rêver. Un amour si fort qu’il traverse les années, les époques. Malgré tout il restera toujours aussi puissant, aussi pur. Un amour, un « vrai », un coup de foudre qui jamais ne s’oublie. Seule la vie, les expériences, feront se rencontrer puis se séparer nos deux personnages.Mais le destin étant ce qu’il est, ils finiront par se retrouver, se parler, se côtoyer, jusqu’à trouver le moment idéal où être enfin ensemble. Il leur faudra une vie entière pour y parvenir, mais le bonheur n’a pas d’âge, et aura finalement une douce saveur de patience.


Tout gravite autour du sentiment amoureux entre Zeno et Ana, cette attraction puissante qui pourtant ne leur permet pas d’être ensemble. Malgré leur amour, leur volonté d’être ensemble, ils ne le peuvent. Comme la terre avec la lune, elles vivent sur une même trajectoire, ensemble, chacune exerçant un pouvoir sur l’autre, sans pour autant être réunies. C’est ce qui les fait tourner à l’unisson, mais chacune sur sa lancée.


La beauté de cette bd réside bien sûr dans l’histoire, ce jeu de chassé croisé si poétique, romantique. Ce destin tragique de deux personnes qui s’aiment mais qui savent qu’ils ne peuvent être réunis. Alors ils vivent dans leur coin, sans pour autant réussir à oublier l’amour de leur vie, tout en accomplissant des actes aux métaphores fortes, symbolisant leur union imaginaire. La bd de déroule en chronologie inversée, comme pour Benjamin BUTTON. Sachant qu’Enzo cherche à valider une thèse prouvant qu’il est possible d’inverser le court du temps si l’on réussi à fixer un point précis autour duquel gravitent les atomes, tout le roman prend sens. Et si ce point était l’amour, cette force qui rend tout possible ? De quoi réécrire l’histoire, le rejouer, en commençant par la fin … Tout est étudié, travaillé dans le scénario.


La qualité du dessin est également saisissante, tout en délicatesse et nuance. Il faut bien faire attention, chaque scène a ses détails, ses sous-entendus, son dialogue par la gestuelle des personnages. C’est si doux, si beau, que l’on en sort avec la tête pleine d’étoiles et des papillons dans le ventre. Au superbe voyage au coeur du désir, de la passion, des âmes soeurs.

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