LA SAINTE TOUCHE

Djamel CHERIGUI

Editions JC Lattès, La Grenade – 2021
CONTEMPORAIN

Quatrième de couverture:

Des mecs comme Alain Basile, vous n’en croiserez pas tous les jours et pas à tous les coins de rue.
C’est dans son épicerie, La Belle Saison, que j’ai fait sa connaissance. Mon père venait de me mettre à la porte et je vagabondais dans les rues en rêvant d’une vie de bohème. Alain, lui, il en avait rien à faire de la bohème et des lilas sous les fenêtres, sa seule ambition était de devenir millionnaire. Pour réussir, il était prêt à tout et avait besoin d’un associé. C’est tombé sur moi. Mais accuser Alain Basile d’avoir chamboulé mon existence reviendrait à reprocher au Vésuve d’avoir carbonisé Pompéi. Sans lui, je n’écrirais pas aujourd’hui.

Si La Sainte Touche raconte les aventures d’un duo improbable avec humour, c’est aussi un pur joyau littéraire, aussi cynique
que romantique. Un roman dans la veine de Karoo de Steve Tesich, de la série Breaking Bad et du film Dikkenek.


Nous suivons « l’artiste », un jeune pommé, ayant fui la maison familiale, qui se retrouve à crécher chez Alain Basile, un homme peu scrupuleux qui rythme ses journées au son des billets verts. N’ayant pas de but au long, moyen ou court terme, notre artiste va finir par filer un coup de main à Basile. Puis un autre, et encore un autre. Jusqu’à travailler totalement pour lui, surveillant l’épicerie ou faisant la mule à travers la ville. Une vie tranquille, sans stress, lui qui ne pense pas aux risques tant que le danger ne lui saute pas à la gorge.

Sur la quatrième de couverture, le roman est comparé à la série Breaking Bad, et je suis totalement d’accord. Il y a le calculateur, celui qui établi les choses, et l’autre, un jeune sans réelle ambition ni force de conviction, si ce n’est en l’alcool et la drogue. Un mélange détonnant qui fini forcément par exploser. Des situations cocasses, sympathiques, atypiques, bienvenue dans un monde où aucune règle n’existe si ce n’est l’improbable dû à l’aléatoire de l’existence. Rien ne se passera jamais comme prévu, car nos héros ont la malchance collée aux chaussures. Une zone d’accalmie se prononce ? Attendez un peu et savourez la sauce piquante.

Le livre, ses personnages, m’a fait pensé à Charles Bukowski, dont la jeunesse a été tourmentée par un père violent, une mère soumise, un refuge dans la littérature et l’alcool. Un personnage qui a l’extérieur est antipathique au possible, mais qui a un talent incroyable pour nous emmener loin à travers ces écrits. L’artiste est un mini Bukowski qui écrit des mots de temps en temps, jusqu’à trouver une folle histoire à raconter en totalité.

C’est agréable, loufoque, ça se lit sans contraintes avec un sourire au coin des lèvres, car il est toujours plaisant de rire du malheur des autres ! Pourtant l’auteur nous parle tout de même de ces quartiers fragiles où le chômage est fort, où les drogués et l’alcool ruinent bon nombre de vies. Sous la fine couche de l’ironie se cache l’horreur d’une situation bien réelle. Les combines chelous et finalement dangereuses de certains pour tenter de s’en sortir sans tout miser sur la sainte touche.

★★★

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