
John STEINBECK
Editions Livre de poche – 1968
CLASSIQUE
Quatrième de couverture:
Le livre raconte les vicissitudes d’une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière (Dust Bowl), par l’appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l’Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués, exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier. Mais on pourra constater tout au long du livre, que l’espoir n’a jamais abandonné cette famille.
C’est à la portée de tout le monde de flancher, mais faut être un homme pour tenir le coup. Nous tâchons toujours de ne pas nous laisser abattre.
Que faire quand toute votre vie de trouve réduite à néant, quand on vous exproprie, vous retire tous vos souvenirs et l’héritage de vos ancêtres ? Vous pouvez crier, jurer, menacer d’attaquer « celui » qui est derrière tout ça. Mais qui est-il justement ? Ce sont les banques. Ces monstres sans visage aux bras immenses et à l’argent inépuisable. Alors vous cessez de vouloir vous battre, puisqu’il n’y a personne sur qui relâcher sa colère. Il faut se résigner, ranger ses affaires, dire adieu, partir.
Ce roman, c’est partir sur les routes d’Amérique avec toute sa famille pour se tenir compagnie. Quand on ne possède plus rien que ses relations, elles prennent une valeur qui ne se mesure pas. Il faut s’entraider, toujours, quoi qu’il arrive. Et si au détour d’une route vous trouvez plus démunis que vous, il faut donner un coup de main. Quand on est soi-même dans le besoin, comment abandonner qui est dans un dénuement encore plus grand ?
Lire ce livre c’est comprendre la souffrance des gens qui ne trouvent plus de travail, qui ont faim, qui sont en colère contre un système qui favorise les riches et laisse mourir les pauvres.
Nous nous mettons à la fois dans la tête de ses gens à l’abri du besoin qui ont peur qu’on ne leur vole leurs biens, quand les autres qui ne possèdent que leur maigre squelette ont simplement peur pour leurs enfants et leur mort imminente.
Augmenter la détresse humaine pour favoriser les profits, voilà une époque qui nous en rappelle une autre bien récente … Trop peut-être. Un éternel renouvellement, un recommencement qui nous montre que les Hommes n’apprennent pas de leurs erreurs.
Telle une vigne au printemps, les grappes de raisin dessinent et annoncent une récolte riche et fructueuse, l’espoir de trouver du travail et de recommencer sa vie en Californie pousse tout le monde a y aller. Mais comme tout espoir vain, le fruit brunit et s’assèche sur la branche morte.
Si vous n’avez jamais lu ce livre, vous ne connaissez pas encore a quel point l’humanité peut être cruelle, mais aussi soudée en temps de crise. Une révolution peut tout faire basculer, mais faut-il encore réussir à l’organiser … Un roman fort et subtil qui se lit sans modération, mais avec un lourd pincement au cœur. C’est beau, cette beauté tristement réelle.
– C’est à propos du Saint-Esprit et du chemin de Jésus. Je m’suis dit : Pourquoi faut-il qu’on mette ça au compte de Dieu ou je Jésus ? Des fois, j’me suis dit, c’est peut-être bien tous les hommes et toutes les femmes que nous aimons, c’est peut-être bien ça, le Saint-Esprit – l’esprit humain – tout le bazar. Peut-être bien que les hommes n’ont qu’une grande âme et que chacun en a un petit morceau. Et comme j’étais en train de penser ça, tout d’un coup, j’en ai été sûr. J’en étais tellement sûr tout au fond de moi, que c’était vrai. Et je le suis toujours.
★★★★★