
Michel BERNARD
Editions La Table Ronde, Quai Voltaire – 2019
HISTORIQUE
Quatrième de couverture :
Novembre 1449, dix-huit ans après la condamnation pour hérésie de Jeanne d’Arc, Charles VII chasse les Anglais de Rouen. La fin de la guerre de Cent Ans est proche : il faut achever la reconquête du territoire, panser les plaies des provinces dévastées et réconcilier les partis engagés dans la guerre civile. Promettant le pardon et l’oubli, le roi ordonne pourtant une enquête sur le procès de 1431. Malgré la résistance d’une partie de l’Église et de l’Université, quelques hommes opiniâtres, rusant avec la raison d’État, vont rechercher preuves et témoins pour rétablir la vérité, le droit et l’honneur de la jeune fille.
Après Le Bon Cœur, Michel Bernard relate l’histoire d’une poignée d’hommes en quête de justice. Bouleversés par la parole qu’ils découvrent dans les actes du procès, ils conduiront Charles VII à rendre à Jeanne un peu de ce qu’elle lui a donné. Chez cet homme insaisissable qui fut un grand roi, ils feront jouer au bon moment le bon ressort. Il a le visage d’Agnès Sorel, la beauté morte fixée par Jean Fouquet.
Court roman sur un passage important de l’histoire de France, la révision du procés de la Pucelle. Condamnée à être brûlée vive, les démarches ayant débouchées à cette conclusion ne furent pas exempt de vices … Il fut donc demandé une révision de ce procès pour tenter de réhabiliter Jeanne d’Arc en tant que Catholique.
Le bon sens de revenir sur une décision de justice qui aura coûté bien plus que la vie d’une jeune fille. Son image, son souvenir, sa mémoire. Alors que tout ce qu’elle défendait était la sainte parole, la vérité sur une tête déchue qui devait être couronnée, elle était devenue officiellement une hérétique.
Si le roman est très intéressant quand à la façon dont les parties vont se pencher sur le procès de 1431 et l’étude des méthodes de prises de notes de l’époque, je suis profondément déçue sur un point. La réévaluation n’est qu’en arrière plan du roman. Un peu comme un prétexte pour écrire sur la période, l’époque, ce qu’il s’est passé en 1451 en France et avec qui. J’ai alors appris énormément sur cette partie de l’histoire. Le nom des généraux, les proches du roi, sa maîtresse, ses enfants, toute l’équipée ecclésiastique, mais le second procès en lui-même est presque absent.
Sans doute car même décédée depuis près de 20 ans, Jeanne continue de réveiller les choses, et donne un coup dans la fourmilière. L’église est rongée, pourrie par des hommes carriéristes qui ont oubliés leur foi première. Sauf quelques uns, ceux qui vont défendre sa mémoire et sa parole, donnant un second souffle à cette femme que le roi a déjà quasiment oublié. Une jeune paysanne Lorraine sans qui il ne serait pourtant toujours personne.
★★★★★