TRENTE MILLE JOURS


Maurice GENEVOIX

Editions La Table Ronde, La petite Vermillon – 2019
AUTOBIOGRAPHIE

Quatrième de couverture :

Le charme singulier de Maurice Genevoix joue ici, plus puissamment encore que dans aucun de ses livres. D’une enfance sur les bords de la Loire au secrétariat perpétuel de l’Académie française, en passant – surtout – par l’effrayante déchirure de la Grande Guerre, ces pages retracent neuf décennies de fidélité à soi-même. Qu’il évoque une marche au brame dans les forêts de Sologne, le regard des compagnons massacrés dans la boue des Éparges ou les premières terreurs d’un enfant découvrant la mort, Maurice Genevoix témoigne de la même douceur obstinée, de la même «justesse» au sens fort qui nous font complice fraternel de sa mémoire. Il y a dans ces Trente mille jours paisiblement restitués l’illustration – et l’explication – du «mystère Genevoix».


Autre chose me requiert aujourd’hui, un retour en arrière qui appelait d’avance la plongée d’où j’émerge à présent. Puissé-je, au point où me voici, avoir donné à sentir la réalité bouleversante qui a transmué l’enfant d’un autre siècle en l’homme qu’il est devenu, orphelin de lui-même tout au long de ses années terrestres, s’il est vrai que sa vie d’autrefois ne redevient la sienne qu’au lointain fabuleux de l’imaginaire ou du songe, dans la lumière d’un monde révolu.

Êtes-vous amateurs d’oeuvres biographiques ? Ces romans tracés par le fil d’une vie, où l’encre vient raconter ce qui fut vécu. Auteur reconnu pour ses oeuvres incontournables, Maurice Genevoix fut « bloqué » dans la catégorie des auteurs de guerre. Pourtant bien plus que cela, ses écrits sont supérieurs à cette barrière derrière laquelle les masses l’ont enfermés (lisez Rroû 🖤)

C’est un homme qui aime le monde, la vie, les choses simples d’un dimanche à la campagne, en train de pêcher à la mouche. Grand amateur de Maupassant, on retrouve dans ce livre l’amour de l’espérance au grand air, où la nature se respire à pleins poumons. Il nous raconte son enfance, ses copains, ses aventures à l’école, jusqu’au service militaire. Des anecdotes, des souvenirs gravés dans sa mémoire puisqu’ils ont façonnés l’homme qu’il est devenu. Un homme détruit tôt par les terribles épreuves de la guerre, qui a vu tous ses amis mourir en l’espace de si peu de temps.

Ce roman, cette ode à la mémoire, raconte comment le jeune garçon tranquille mais brillant de Châteauneuf est devenu Maurice Genevoix. Un peu par chance, un peu par la force du destin, mais surtout grâce à son talent. Une capacité à observer et aimer ce qui l’entoure pour ensuite le partager avec un langage riche et fournit. Peut-être le bémol du livre d’ailleurs. Trop de verve recherchée et nous passons notre temps dans le dictionnaire … Trop de belles lettres tue la lettre, mais nous inculque l’humilité face à ce que nous ne savons pas. Tout comme celui que nous ne serons pas. Laissons la grâce et le talent à ceux qui en sont dignes, et profitons de ce qu’ils nous lèguent en lisant leurs œuvres.

★★★★

Laisser un commentaire