LE BERGER DE L’AVENT

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Gunnar GUNNARSSON

Editions Zulma, Z/a – 2019
CONTEMPORAIN

Quatrième de couverture :

L’histoire de ce berger qui affronte le redoutable hiver islandais pour sauver quelques moutons égarés aurait inspiré Hemingway pour son livre, Le Vieil Homme et la Mer. Il est vrai que des similitudes troublantes existent entre les deux œuvres. Osera-t-on dire que le bref roman de Gunnarsson a une portée d’une autre dimension ?

Ce récit lumineux, à l’écriture faussement innocente, peut certes se lire comme un conte de Noël. Il en a la grâce et l’apparente simplicité. Mais, au fil des pages, les questions posées sont celles qui se réfèrent aux valeurs essentielles. Dans cette quête, l’homme n’est pas seul. Ses deux compagnons, le bélier et le chien, forment avec lui une « trinité » dont chaque membre est indispensable aux autres.


Un texte sublime où le respect des hommes va en priorité à la nature et aux animaux. Remis à sa place, l’homme apprend qu’il n’est rien face au monde, notamment s’il doit compter sur lui seul. Benedikt est un vieil homme qui passe ses années entre le travail de la ferme et sa mission de berger bénévole en hiver. Quand décembre arrive avec ses gros flocons, il part dans les montagnes accompagné de son fidèle Roc (un bélier irremplaçable) et de son compagnon Leó (un chien vibrant de vie et de bonne humeur) pour retrouver les moutons égarés qui ne survivront pas dans le froid.

Quand l’humain se croit dominant la nature, il déchante très vite. Benedikt n’est pas de cette trempe. Il a conscience de la dangerosité de sa tâche, mais plus que tout, de son utilité. Jamais il ne pourrait abandonner ces bêtes là-bas, les laisser sciemment mourir sans avoir au moins tenter de les sauver. Pourquoi me direz-vous ? Parce qu’il a conscience non seulement du caractère imprévisible et dangereux de la nature, mais aussi de l’importance des autres espèces vivantes. Un animal vit, ressent, éprouve les mêmes choses que nous. S’il ne peut abandonner un ami humain, il ne le peut pas plus pour un animal livré à lui-même, avec une mort assurée. Et puis sans son fidèle Roc, il n’en mènera pas large dans ce bourbier ! L’instinct de son ami est infaillible et lui a sauvé la vie plus d’une fois. L’homme, l’animal, la nature, chacun se côtoie, se frôle, s’entraide parfois pour un but unique, vivre.

Benedikt à travers ses longs trajets, 27 jusqu’ici, ne veut rien d’autre que se sentir utile, car après tout qui-a-t-il de plus agréable dans une vie que d’aider son prochain pour rendre le monde meilleur, plus beau ?
Existe-t-il un plus beau cadeau de Noël que de trouver un successeur aussi dévoué et bienveillant que l’on espère l’avoir été avant lui? Parfois même plus, car au travers d’un regard usé et assagi par le temps, nous apprenons à mieux voir ce qui nous entoure pour l’apprécier à sa juste valeur.

★★★★★

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