TROIS INCENDIES

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Vinciane MOESCHLER

Editions Stock, Arpège – 2019
CONTEMPORAIN

Quatrième de couverture :

Beyrouth, 1982. Avec son Rolleiflex, Alexandra, reporter de guerre, immortalise la folie des hommes. Mais le massacre de Chatila est le conflit de trop. Ne comprenant plus son métier, cet étrange tango avec la mort, elle éprouve le besoin vital de revoir sa mère, Léa…
Celle-ci, née en Belgique, a connu une enfance brutale, faite de violence et de secrets. Alors que sa mémoire s’effrite, sa fuite des Ardennes sous les assauts des nazis lui revient, comme un dernier sursaut avant le grand silence.
Et puis il y a Maryam, la fille d’Alexandra, la petite-fille de Léa. Celle qui refuse la guerre, se sent prête à aimer et trouve refuge auprès des animaux…
De Beyrouth à Buenos Aires en passant par Bruxelles, Berlin et Brooklyn, Vinciane Moeschler brosse le portrait de trois femmes, trois tempéraments — trois incendies.


C’est l’histoire de trois femmes, trois générations, chacune suivant la précédente. La fillette qui deviendra mère puis grand-mère Léa, ainsi que sa fille Alexandra devenue maman et enfin la petite dernière Maryam. Trois vies, aux destins pourtant liés autrement que par le sang.

Chacune sa guerre, ses raisons de fuir ou de chercher le conflit. Léa, dix ans pendant la seconde guerre mondiale, doit fuir sa maison avec sa famille. Une belle et grande famille soudée d’une part avec ses frères et son père, mais en conflit permanent avec sa mère. À travers les bombardements allemands et l’horreur de la guerre en elle-même, d’autres combats se présentent à elle, la faisant grandir bien vite pour son âge.

Alexandra, à travers son Rolleiflex immortalise l’angoisse et les tragédies à travers le monde. Reporter de guerre, elle passe sa vie à fuir le confort douillet de sa maison New-yorkaise avec son mari pour courir les massacres. Jusqu’à celui de trop, Chatila, qui lui laissera un goût amer en bouche, des visions cauchemardesques, mais aussi une surprise aussi inattendue que révolutionnaire pour son existence. De quoi cesser de s’en aller sans cesse, rester en place, peut-être.

Maryam, jeune adolescente en pleine fleur de l’âge mène un conflit personnel. Il ne s’agit plus là de vivre la guerre ou de la photographier pour la montrer au monde, mais de se battre pour exister. Face à l’absence d’une mère, elle ne trouve aucun réconfort à s’attacher aux gens. Je ne vais pas vous mentir, ce personnage m’a été exécrable. Petite teigne insupportable, rebelle et égoïste …

Un très beau livre qu’il faut pouvoir encaisser à cause de ce qu’il raconte. Des combats sanglants, une vérité douloureuse, des histoires qui sans avoir été tirées de source sûre sont très certainement arrivées à de pauvres malheureux. La souffrance, la haine, la colère, mais aussi cette lueur d’espoir et d’amour qui force à aller de l’avant pour s’en sortir. Trois femmes, trois destins interconnectés où chacune porte sa croix sans connaître celle de sa prédécesseur qui viendra peut-être s’ajouter à la sienne tel un souvenir inconscient.

★★★

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