Clélia RENUCCI
Editions Albin Michel – 2018
HISTORIQUE
Quatrième de couverture :
« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis ». Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.
Après un terrible incendie qui ravagea de sublimes toiles historiques, il faut penser à les remplacer. Mais on ne peut pas y mettre n’importe quoi, une peinture banale commandée au premier peintre croisé au détour d’une ruelle. Nous sommes en Italie, au cœur de l’église catholique régit par le Doge et les décrets du Vatican de 1572. Il faut un maestro de renom pour signer une œuvre incroyable représentant le paradis céleste, l’apogée de toute vie sur terre rejoignant ainsi le divin.
Les grands peintres à cette date, il y en a à foison. Ne réussissant pas à choisir lequel aura l’honneur de réaliser ce projet, un conseil de plusieurs hommes d’État décide d’organiser un concours entre 4 grands talents. Commence un incroyable jeu de duperie, de machiavélisme. Car ne nous mentons pas, la politique est parfois plus présente dans ce genre d’événement que le talent véritable. La pauvre oeuvre va ainsi changer plusieurs fois de maître avant d’être mise à l’ouvrage. Soit près de 30 ans entre sa commande et sa finalité.
Siècle sacré des peintres Vénitiens on découvre l’envers du décor. Les grands du monde se disent fin connaisseurs quand en réalité il ne savent pas différencier un dessin d’artiste de celui d’un apprenti. Mais la politique, encore … Ainsi on voit les « fils de » baignant dans la peinture et l’art depuis l’enfance, talonner la dextérité de leur père tout en n’atteignant jamais la consécration. Ils existent à travers le nom de leur géniteur et non à travers leur qualité d’exécuteur. Un nom, toujours gage de qualité ?
On s’attache beaucoup aux personnages, tous plus agréables les uns que les autres ou que l’on adore détester. L’affection qu’on leur porte est la même que celle que l’on ressent en voyant leurs œuvres. L’auteur a su retranscrire des émotions, des sentiments intimes qui nous touchent avec brio. En suivant la réalisation du Paradis, on voit évoluer en même temps nos petits protégés. En bien, en moins favorable, ils ont tous leur place dans cette fresque grandiose que je suis ravie d’avoir partagé avec eux.
★★★★★
