Kike FERRARI
Editions Le livre de poche – 2020
POLICIER
Quatrième de couverture :
Un glock, des menottes en fourrure, de l’arrogance, de la cocaïne. Et un cadavre. Tout cela tient dans la BMW noire du senor Machi, self made man de l’époque des dictateurs argentins et aujourd’hui entrepreneur sans scrupules. Lui qui se croit au-dessus de tout le monde voit son univers doré réduit en poussière lorsqu’il découvre le corps d’un homme sans visage dans le coffre de sa BM flambant neuve. Six heures de la vie d’un personnage infect, étouffé par sa propre prétention, qui doit se débarrasser d’un cadavre. Six heures à passer en revue – et ils sont nombreux – tous les « hijos de mil putas » qui voudraient le voir tomber. Une attaque frontale contre la bourgeoisie argentine de l’époque de Videla, où les hommes d’affaires sont véreux et leurs femmes accommodantes.
« Il ne dit jamais tais-toi mais boucle ta chatte ou ferme ta gueule. Il ne dit pas ce type mais cet enculé de fils de pute. Il ne dit pas c’est une belle femme mais elle est bonne cette salope.
Cette fois-là ne fit pas exception.
Il ne dit pas qu’il avait un problème, mais qu’il était dedans jusqu’aux burnes ; il ne parla pas d’un mort préalablement torturé, mais il expliqua je l’ai crevé cet enfoiré de fils de pute de juif, après lui avoir fait bouffer ses couilles ; il ne dit pas que tout cela faisait partie d’une vengeance qu’il attendait depuis des années, mais ça fait une chiée de temps que j’avais la rage au cul ; il ne dit pas que le mort avait un parent qui travaillait dans le milieu judiciaire et donc que l’enquête avançait, mais il semble que ce bâtard de mes deux connaît quelqu’un qui chie plus haut que son cul et qui m’a dans le collimateur. Enfin, il ne se plaignit pas que son chef ne le couvre pas mais cracha et le comble c’est que mon misérable trouduc de patron s’en est lavé la chatte et m’a laissé me démerder tout seul.»
Machi est un homme qui vu de l’extérieur semble tout avoir. La gloire, la fortune, le pouvoir. Une femme ravissante et une bardée de jeunes prostituées sous sa botte prêtent au moindre de ses désirs. Rien ne lui résiste, il n’a pas d’ennemis (à sa connaissance), tout le monde lui envie ce qu’il possède lorsqu’il file devant leurs yeux à bord de sa BMW à deux cents milles balles. Enfin jusqu’à ce qu’il crève un pneu sur l’autoroute et fasse connaissance avec le ravissant cadavre défiguré et attaché dans son coffre.
Commence l’angoisse de l’homme traqué. À l’affût de l’ennemi, se sentant observé sans pouvoir en être certain, Machi tombe dans une spirale infernale pour tenter de trouver une solution à son problème. Comment dégager ce macabé de sa splendide voiture, qui lui a fait un coup pareil mais également pourquoi ? L’homme qui se disait aimé et admiré de tous va finalement faire la liste de ceux qu’il a évincé, jetté, ou encore détruit au court de sa propre ascension. Le pourri jusqu’à l’os qu’il incarne voit son socle de marbre commencer à se briser sous le poids de ses méfaits. C’est violent, implacable, très hot, sans temps mort. Bienvenue dans le monde derrière l’image, nimbé du blanc de la drogue, du rouge du sang, du vert de la corruption, et du bruit des talons que font les fleurs de pavés. Un éclair fugace dans la vie de cet homme et vous trouverez un cadavre caché dans le placard …
De loin on dirait des mouches, celles qui attendent et guettent la blessure pour venir pondre afin que leur progéniture vive et profite du cadavre prochain. Des mouches folles comme dit l’auteur, qui volent avec frénésie dans un ballet sans forme ni ordre, un chaos innommable et insondable. Un peu comme Machi également, une mouche qui va de droite et de gauche dans la panique de l’instant. Quand on referme ce livre, on se dit « merde, c’est déjà fini, et comme ça? Ah non non non » sauf que si, à nous d’imaginer la suite et la fin de Machi, à supposer que son calvaire voit un jour une issue, un temps mort.
★★★★★
