Émile BRAVO
Editions Dupuis – 2019
BANDE-DESSINÉE/AVENTURE
Quatrième de couverture :
Automne 1940. Spirou arrive à convaincre Fantasio de ne pas prendre le train pour partir travailler en Allemagne. Mais les temps sont durs et Spirou est menacé d’expulsion par le prêtre qui lui loue une chambrette. C’est alors qu’il a une brillante idée : avec Fantasio, il va monter un théâtre de marionnettes itinérant pour donner un peu de joie aux enfants qui n’ont rien d’autre à faire que de subir (ou jouer à) la guerre. Félix et Felka, le couple de peintres juifs allemands exilés à Bruxelles, les aident à réaliser les décors, et Fantasio, esprit débordant de créativité, écrit des contes pleins de violence et de gueuletons. Le spectacle plaît beaucoup à M. Henri, un mécène, qui les engage pour qu’ils aillent jouer un peu partout en Belgique. Et c’est ainsi que Spirou et Fantasio partent à vélo sillonner le pays avec leur théâtre itinérant. Mais Fantasio va tomber amoureux, et son comportement et ses secrets vont commencer à attirer de graves ennuis à Spirou…
Volume 2 des aventures de Spirou et Fantasio pendant la seconde guerre mondiale. Les allemands sont partout, ils occupent le pays et commencent à dicter leur loi. La famine s’installe, les juifs commencent à être montrés du doigt.
Le travail manque alors les 2 amis créent un spectacle de marionnettes pour enfant afin de leur expliquer par sous-entendu que ce n’est pas leurs parents ou les voisins qui les affament, mais les grands méchants étrangers. Ce cycle tourne énormément autour des enfants, de ce qu’ils voient mais aussi entendent ou comprennent.
La guerre est encore un jeu pour eux, mais ils ont conscience que le danger rôde. Les adultes aux bottes cloutées sont à éviter, ce sont eux qui enlèvent et font du mal aux parents. La propagande fait son chemin dans leur petite tête, les incitants à juger et dire du mal des juifs alors qu’ils ne savent pas ce que cela implique réellement. Les clichés et les stéréotypes que l’on attribue aux juifs ne tiennent pas dans un contexte pareil où tous sont dans la même galère. Juifs, chrétiens, athées, ils ont faim, froid et veulent dégager l’oppresseur qui les accule.
Cette guerre si dure pour les habitants qu’ils en oublient qui ils sont, à l’instar de Fantasio prêt à travailler dans une entreprise d’outillage car actuellement dans le spectacle il ne se souvient plus être un journaliste ! Il n’est pas besoin d’être envoyé dans un camp pour que les nazis commencent à dépouiller les Hommes de leur identité. Il suffit de leur présence toxique.
D’autres changent de parti, perdent leur conscience sous prétexte de respecter la loi.
Enfin il y a un superbe message à transmettre : « qu’est-ce que ça veut dire être juif » ? Dans cette époque trouble où un enfant de moins de 10 ans doit porter une étoile sur sa veste, où il ne sait pas lui-même que sa famille est juive, peut-on affirmer qu’être juif c’est être différent ? Tout comme Spirou à la fin du tome qui pour les protéger se dit juif, alors qu’il est catholique. En un instant s’est-il transformé ? Bien sûr que non, car nous sommes tous égaux et cette bd le démontre haut et fort.
★★★★★
