Christa FAUST
Editions Gallmeister, Totem – 2018
THRILLER
Quatrième de couverture :
Je m’appelle Gina Moretti, mais vous me connaissez probablement mieux sous le nom d’Angel Dare. Vous en faites pas, je n’en parlerai à personne. J’ai tourné mon premier film X à l’âge de vingt ans, même si à l’époque, j’avais menti devant la caméra et prétendu en avoir dix-huit. Mais contrairement à bon nombre de filles avec lesquelles j’ai bossé, j’ai été assez maligne pour raccrocher. Le problème, c’est qu’à l’instar d’un catcheur ou d’un voleur de bijoux, je me suis laissé tenter par un retour. Je n’avais aucune idée que j’allais finir coincée dans un coffre de bagnole.
Bienvenue dans l’univers X, plus précisément du porno. Tout de suite ça peut gâcher un peu l’entrain, mais il ne faut pas s’y arrêter. Ex-star de films pour adultes, Angel Dare a aujourd’hui une petite entreprise qui book les futures stars de ce milieu aussi dangereux qu’un autre. Peut-être même plus, au vu de ce qu’il va lui arriver.
Tabassée puis violée, meurtrie dans son égo et dans sa chair, elle est laissée pour morte. Ne comprenant pas ce pour quoi cela lui est tombé dessus, elle va chercher qui s’en est pris à elle et dans quel but. L’argent, bien entendu. Mais si seulement il ne s’agissait que de cela …
Dans un milieu sexuel où la femme n’est qu’une viande fraîche qui se gâte vite ou qui se silicone pour s’arranger aux critères voulus, les visages défilent. Véritable industrie où l’argent coule à flot, où la drogue nappe les plateaux, un trafic énorme a été mis en place sous le nez de tous. Et qui dit tous implique leur participation pour goûter une part du gâteau avec son glaçage sucré. Prostitution, enlèvement, viols, addiction forcée aux drogues, le monde du X est obscurci et va être blanchi par Angel Dare en leur mettant un bon gros coup de talon aiguille dans les miches.
À l’humour noir et caustique, Money shot se lit comme un Vernon Sullivan avec l’excédent graveleux en moins. On parle de porno sans trop en faire, il n’y a pas de sexe outrageux puisque la seule scène véritable est délicatement censurée, et les tournages sont vite expédiés avec cette façon d’en parler qui détend le propos et fait sourire par son sarcasme et son ironie. Roman noir avec un soupçon de policier, on se laisse entrainer sur les traces rougies du sang des malfrats d’Angel Dare.
★★★★★
