Peter FARRIS
Editions Gallmeister, Americana – 2019
POLICIER
Quatrième de couverture :
À quatorze ans, Jesse Pelham vient de perdre son père à la suite d’une chute mortelle dans le vaste domaine de Géorgie qui appartient à sa famille depuis des générations. Accablé, il va errer dans les bois et se rend sur les lieux du drame. Là, il fait la rencontre de Billy, un vagabond affamé traqué depuis des années par le FBI. Une troublante amitié naît alors entre cet homme au passé meurtrier et le jeune garçon solitaire. Mais lorsque Billy révèle à Jesse les circonstances louches de l’accident dont il a été le témoin, le monde du garçon s’effondre une deuxième fois. Désormais, tous ceux qui l’entourent sont des suspects à commencer par sa belle-mère et son oncle, un prêcheur cynique et charismatique. Alors que le piège se referme, Jesse se tourne vers Billy.
Jesse perd son héros de père quelques temps avant son quinzième anniversaire lors d’un banal mais non moins curieux accident. En homme averti, parcourant la nature quotidiennement depuis deux décennies et chasseur émérite, se serait-il laissé avoir par une simple planche mal fixée ? Aurait-il oublié toute règle de sécurité ? La question se pose, grossit, émet des doutes chez Jesse.
Sa belle-mère semble agitée, son oncle omniprésent et menaçant. Fuyant cette atmosphère morbide et caustique, Jesse part sur les traces du dernier jour de la vie de son père et rencontre un vagabond. Un homme sauvage à l’allure pathétique, mais dont la débrouillardise et les connaissances de la vie en pleine nature sont stupéfiantes. Perdu, solitaire, Jesse va se prendre d’affection par cet ermite des bois. Ce qu’il ignore, c’est l’identité et les raisons qui ont poussés ce dernier à cette extrémité.

La tension qui monte le long du livre est terrible. On apprend beaucoup de choses sur le passé des personnages, leurs relations les uns entre les autres. Certaines font frémir, d’autres épouvantes, mais toutes ont abouties à un dénouement : Jesse est dans la mouise, sa famille explosée et elle aussi en danger. Mettant à profit l’enseignement de son père, il va retourner la situation pour sauver ce qui lui reste et mettre à sac les truands qui ont pris possession des terres environnantes.
On retrouve le thème de la rédemption, un homme qui a commis des actes innommables et impardonnables puis qui va prendre sous sa coupe une jeune personne innocente en détresse. « Il est toujours temps de faire une bonne action », de laver son âme des noirs desseins qu’elle a accomplie par le passé. Une tâche peut nous salir le front, en lavant suffisamment fort et longtemps, avec la volonté d’y parvenir, tout est possible. Une belle machination pour le profit, le pouvoir, de quoi s’aveugler et se brûler les doigts à toujours vouloir plus. C’est violent, animal, brute et sauvage, addictif de noirceur.
★★★★★
