Jake HINKSON
Editions Gallmeister, Americana – 2019
POLICIER
Quatrième de couverture :
Pasteur respecté d’une petite ville de l’Arkansas, Richard Weatherford n’en est pas moins simple mortel, avec ses secrets et ses faiblesses. Car Richard a fauté avec un jeune homme, Gary. Alors le coup de fil qu’il reçoit à cinq heures du matin ne présage rien de bon : le silence de Gary lui coûtera 30 000$, sinon Richard devra dire adieu à sa réputation et – surtout – à sa femme Penny et à leurs cinq enfants qui jamais ne supporteront un tel scandale. Prêt à tout pour empêcher son monde de s’effondrer, le pasteur n’a que quelques heures pour tisser une immense toile de mensonges où piéger son entourage. Mais c’est tout le charme des petites villes : même si leurs habitants prennent des directions différentes, leurs chemins finissent toujours par se croiser… inéluctablement.
Tel un huit clos, on s’enferme dans une petite ville de l’Arkansas où la prohibition est en recrudescence, la religion omniprésente et le pasteur vénéré par sa congrégation. Dans ce lieu pieux, un coup de téléphone reçu à cinq heures du matin par Richard l’homme de Dieu, va tout changer.
Tout s’enchaîne très vite. Gary, un adolescent dépressif fait chanter Richard en menaçant de révéler à tout le monde qu’ils ont eu une aventure homosexuelle. Le prix à payer pour le silence est de trente milles dollars sous deux jours. Comment et où trouver une somme pareille à la veille de Pâques, l’une des périodes les plus chargées de l’Eglise? Heureusement des gens dans le besoin prêts à tout pour s’en sortir, il y en a toujours dans nos villes. Richard va donc refiler son problème à un autre, nouant des liens étroits avec tout un réseau que l’on voit apparaître au fur et à mesure. Ils sont tous reliés, des connaissances aux fréquentations, ils ne peuvent échapper à ce qui va suivre.
Un excellent policier qui monte crescendo sur la fin pour nous lâcher une morale sublime. Basé sur les apparences, nous jugeons énormément notre entourage. Ainsi, sous sa soutane noire à col blanc le pasteur paraît être un homme de bien quand il a l’âme aussi noire que son habit. Mais qui irait juger ou même penser qu’il puisse être à l’initiative de tout ce qu’il s’est passé en une tragique nuit?
Il faut également voir la congrégation qui préfère entendre des mensonges et se boucher les oreilles ou les yeux face à ce qu’ils ne veulent pas voir ou savoir. Ils viennent à l’église pour entendre qu’ils seront absous, lavés de leur péchés par un Seigneur miséricordieux. Quoi qu’il fassent ou pensent, une petite visite dominicale et tout ira bien dans l’au-delà. L’hypocrisie à son paroxysme !
Si l’habit ne fait pas le moine, la fragilité humaine elle est authentique. Le chagrin, la souffrance, vers qui mieux que le pasteur se tourner pour se soutenir et tenter d’aller au-delà de notre douleur?
Être un homme bien ne nécessite pas d’être un homme de bien.
★★★★★

Une réflexion sur “AU NOM DU BIEN”