Sadeq HEDÂYAT
Editions Zulma, Z/a – 2019
NOUVELLE
Quatrième de couverture :
Un homme, fasciné par la sauvagerie des chats et torturé par une faute obscure, cède peu à peu à la folie… Un autre choisit la même issue pour rejoindre une femme morte dont l’absence le hante… Un chien errant crève au fond d’un fossé, et se trouve par là-même délivré d’un monde voué à la seule cruauté… Une femme en proie à une jalousie morbide assassine des bambins encore au berceau et reçoit l’absolution des mollahs… Une jeune fille épouse un rustre qui la bat, et finit par trouver son plaisir sous le fouet… Deux voyageurs lient connaissance dans un café, se racontent leur vie, et constatent que la même femme a été cause du naufrage de leurs espérances… Amertume, dégoût de vivre, dérision : le monde ici évoqué (l’Iran de l’immédiat avant-guerre, déjà régenté en sous-main par les religieux) n’est pas loin d’être un enfer. Pessimiste inguérissable, jetant sur la société de son temps et sur l’âme humaine en général un regard impitoyable, Sadegh Hedayat fait partie de cette lignée de libres esprits qui n’ont cessé d’incarner la meilleure part du génie persan. Les dix nouvelles ici rassemblées révèlent quelques-uns des aspects les plus déconcertants de son oeuvre.
Un petit recueil de dix nouvelles, toutes plus bouleversantes les unes que les autres. L’humain, sous toutes ses facettes, mais plus particulièrement sous ses mauvaises.
On y traite la folie, la confusion, le rejet, la répudiation, l’espoir détruit. En fait il y a vraiment beaucoup de choses dans ce livre, trop pour en parler distinctement sans prendre le risque d’en omettre. En lisant la biographie de l’auteur on sent d’où lui vient l’inspiration, les fantômes gris qui ont insufflé leurs idées dans son esprit. Un homme torturé, à la vie difficile, qui eu un destin tragique. On retrouve j’imagine un peu de lui dans les personnages, dans chaque aventure que l’on lit.
Ce livre est sublime, je comprends pourquoi il a été choisi par les libraires pour être le cinquantième volume de la collection poche des éditions Zulma. C’est poignant, enivrant de réalité. Ça interpelle, bouscule par rapport aux thèmes abordés. Dans le même registre que MAUPASSANT, une morale est à retenir après chaque nouvelle. L’humain est mauvais sous certaines conditions, plongez dans ces abîmes de papier afin d’en rester éloigné dans la réalité.
★★★★★
