Chuck PALAHNIUK
Editions Folio SF – 2004
SCIENCE-FICTION
Quatrième de couverture :
Sur le plus haut building du monde, deux hommes exploseront dans dix minutes : Tyler Durden et le narrateur. Flashback. Un jeune cadre conte ses errances d’avion en avion, sa vie passée à ausculter des carcasses de voitures pour le compte d’un constructeur automobile. Bien qu’en bonne santé, l’homme participe à divers groupes thérapeutiques, s’y repaît du malheur des autres et y retrouve le sommeil… jusqu’à sa rencontre avec Marla, une sadomasochiste qui pratique la même imposture. Plus bouleversante encore sera sa confrontation avec Tyler Durden, l’inventeur des fight clubs, ces lieux où de jeunes américains biens nés se battent à mains nues jusqu’à l’épuisement. Peut-être pour donner un sens à leur vie. Peut-être parce que dans ce chaos consumériste qui sert de monde, « la douleur est la vérité, l’unique vérité ». Mais pour Durden, il faut aller beaucoup plus loin…
Ou la lente descente vers la violence. Notre personnage principal mène une existence classique et bien ordonnée, propre sous tout rapport. Chemise, costume, cravate, voiture, appartement, meubles parfaits. La vie rêvée, sensationnellement réussie, étouffante.
Jusqu’à sa nouvelle vie en collocation avec Tyler. Tyler qui va monter un groupe de Fight club pour lâcher prise, s’arracher des dictas que la culture et la société de consommation impose en libérant notre côté anarchique. Car sans barrière, sans limite, sans possession, on est qui et ce que l’on veut. La société ne peut nous modeler selon ses désirs, aussi appelé utopie. Le terrain parfait pour une dystopie où le chaos fini par régner, où la rébellion fait élever et entendre sa voix. Une belle représentation se trouve dans la création de savon. Utilisant la graisse de liposuccion (opération qui coûte chère aux gens) pour créer des savons hors de prix que les riches achètent une fortune. Au final ils payent pour enlever une chose qu’ensuite ils repayent pour récupérer. Le Fight club, petit groupe au départ prendra très vite de l’ampleur. Au point de devenir si fort, qu’il s’approchera d’une secte. Avec ses règles, son initiation avant admission, ses tâches à suivre aveuglément, son lieu pour vivre en communauté. Glaçant de voir comme un seul homme, par ses paroles et son charisme envoûte la populace.
L’écriture est particulière, anarchique elle aussi. Parfois dialogue, parfois récit, des descriptions techniques et chimiques, de courtes phrases, beaucoup de points. Un esprit torturé et psychotique qui trouve son sens à l’apothéose du roman. Il y a Tyler l’indomptable et insoumis, et notre héros son contraire qui rêve d’être comme lui. Un superbe talent d’écriture et de mise en forme pour une manipulation du lecteur qui nous laisse ébranlé. Une fois fini on se dit : « vite je dois le relire pour constater que c’est bien vrai ».
Petit bémol, l’ennui qui nous tient sur la longueur. Beaucoup de phrases courtes coupe l’histoire, ce qui ralentit la lecture. De plus en définitive il ne se passe pas grand chose. On voit défiler les jours et les actions mais comme en avance rapide. Ça ne nous accroche pas réellement pour tenir en haleine et donner avidement envie de lire la suite.
★★★★★
