
De Boris VIAN
Quatrième de couverture : L’Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d’amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans.
C’est un conte de l’époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette ?uvre d’une modernité insolente, l’une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu’au bout du désespoir.
Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l’amour absolu et la musique des noirs américains…
» – Si, Monsieur, dit Nicolas. Une jolie jeune fille d’ailleurs, si j’ose introduire ce commentaire.
– Elle a un grand air de famille avec vous, dit Chick. Quoique du côté du buste, on puisse noter quelques différences.
– Je suis assez large, dit Nicolas, et elle est évidemment plus développée dans le sens perpendiculaire, si Monsieur veut bien me permettre cette précision.
– Eh bien, dit Colin, nous voici presque en famille. Vous ne m’aviez pas dit que vous aviez une nièce, Nicolas.
– Ma soeur a mal tourné, Monsieur, dit Nicolas. Elle a fait des études de philosophie. »
Après l’échec cuisant de ma lecture de L’herbe rouge de Boris Vian , j’avais décidé de ne plus m’intéresser à cet auteur. Trop barré et absurde, j’abandonnais son univers. Sur le papier ça sonne bien comme résolution, très lucide et sûre de moi. Dans les faits il s’avère que j’ai rencontré un homme dont VIAN est l’auteur favori … A force de voir ses œuvres se glisser sous mon nez au fil des jours cela a fini par jouer sur ma conviction. Je retentai l’expérience mais avec un roman « plus accessible » pour reprendre ses thermes.
Me voilà donc partie avec une motivation somme toute branlante pour entamer L’écume des jours. Et je dois bien avouer qu’il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis. Sans être transporté par ce roman, il m’a vraiment amusé par son absurdité et ses personnages ahurissants. Dans un monde totalement différent du nôtre mais avec quelques lignes conductrices similaires, on se balade à travers un environnement fantastique foisonnant. Très imaginatif, on découvre des inventions amusantes et des personnalités improbables. J’ai vraiment beaucoup aimé le marchand-pharmacien qui dit au client que à ce prix-là c’est du vol, qu’il devrait frapper le commerçant pour ne pas avoir à payer. Et face à la bonne conduite du client, exprimer son incrédulité ! Il y a également le changement de personnalité et de façon de parler en fonction de l’habit utilisé chez le cuisinier ahah
On passe par tout un éventail d’émotions à travers ce court récit. On découvre les désillusions de l’amour, le désir, l’épanouissement d’un couple, la vie conjugale heureuse, la maladie, les problèmes financiers, le deuil, la colère, la passion, le déchirement des vies. Comme une fleur, le roman s’ouvre et s’épanouit au fil des feuilles pour faner une fois que l’on tourne la dernière page.
Je n’irais pas jusqu’à dire que c’était un grand moment de littérature pour moi, ni un coup de cœur, mais une très belle surprise. Sympathique et touchant, je suis ressortie de cet univers avec un certain apaisement de l’esprit. Relativiser sur notre existence et prendre conscience des belles choses qui la composent pour en profiter au maximum tant que nous en avons la possibilité. Rien n’est éternel, mais tout à une vie.
★★★★★