
De Maurice LEBLANC
Quatrième de couverture : Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois, de la » Belle Époque ».
Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.
» Ah çà, t’imaginais-tu qu’un M. Durant ou Dupont aurait pu monter toute cette belle affaire? Allons donc il fallait au moins un Arsène Lupin. »
Je gardais un vague souvenir d’Arsène LUPIN. Plus que de la mémoire, c’est un sentiment qui flottait. Celui d’un grand plaisir, des rires, de la sympathie pour le cambrioleur réputé et un style d’écriture très « d’époque ». Au détour d’une conversation, alors que l’on commençait à parler de lui j’ai vraiment pris conscience que je ne me souvenais absolument de rien concernant les deux histoires que j’ai pu lire il y a quelques années. Honte à moi … Surtout que depuis quelques mois déjà je bave d’amour devant les nouvelles couvertures du Livre de Poche.
Qu’à cela ne tienne, pour le prix des romans je n’allais pas faire ma fine bouche et je me suis relancé dans l’aventure en compagnie de notre gentleman cambrioleur. Et quel plaisir ! La saveur est restée la même après tout ce temps. Moi qui suis une fan inconditionnelle de Sherlock HOLMES je retrouve ici ce qui fait son charme mais également son opposition. Il y a la prétention, l’orgueil facilement piqué au vif, l’esprit tortueux et les plans alambiqués qui une fois posés à plat sont on ne peut plus logique et enfantin. Pourtant, avec notre œil de lecteur nous n’avions pas la moindre idée de la solution du mystère ! La dernière aventure est d’ailleurs fort épineuse, on se demande où et comment l’idée est venue à l’auteur.
J’ai également adoré les deux premières histoires (il ne s’agit pas d’un roman constitué d’une seule et même aventure sur tout le roman, mais d’une succession de petites nouvelles) car il y a un retournement de situation tant dans l’histoire raconté que pour le narrateur mais aussi pour le lecteur qui prend part à tout ça ! Très imaginatif, très léger, ce livre est véritablement un plaisir à découvrir ou redécouvrir. Toutes les aventures sont plaisantes, aucune ne m’a ennuyé. On plonge dans l’ambiance typique de l’époque avec les costumes, les décors, les bâtiments, puisque tout a un sens, une utilité pour notre as du déguisement et de la dissimulation. Le langage de Maurice LEBLANC est également un régal car très soutenu, bien parlé, on en savoure sa poésie.
En bref, un pur moment de jouissance littéraire. Court, vif, rapide, droit à l’essentiel, mais surtout drôle et attachant. Derrière sa prétention narcissique, il faut avouer que LUPIN est un maître dans son art du déguisement et on adore suivre ses pérégrinations. L’auteur joue avec son lecteur à loisir ; est-ce le gentleman cambrioleur, ou est-ce un pur fruit d’innocence ? Mais quelle personne est-il parmi ceux présents? On se croirait dans un Agatha CHRISTIE encerclé de plusieurs criminels potentiels sans réussir à en accuser un en particulier jusqu’à la conclusion finale qui dévoile les cartes. Un classique que je relis avec bonheur, j’enchaine déjà avec le suivant !
★★★★★