L’ECHANGE DES PRINCESSES

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De Chantal THOMAS

Quatrième de couverture : L’idée est audacieuse et peut sembler providentielle : un échange de princesses pour solder la fin d’un conflit. En 1722, à la croisée des royaumes et des chemins, l’infante d’Espagne et la fille du régent de France sont encore des enfants. La première doit épouser le très jeune Louis XV, la seconde l’héritier du trône espagnol. Ce chassé-croisé dans la cour des grands signera-t-il la fin de leur insouciance ?


 » Entre conscience et inconscience, dans la souffrance aiguë d’une toux qui lui lacère les poumons, elle ressasse sombrement tout ce qu’elle n’a pas eu le temps de transmettre à la petite infante. Elle lui a dit, et c’est important, de ne pas céder à la médiocrité, à l’ambiance mesquine d’une société en totale dépendance du roi, d’une Cour qui brise toute aspiration spirituelle et vous tire vers le bas, mais l’essentiel, elle n’a pu le lui confier – sa recette pour survivre, pour échapper à la dissolution générale des caractères, au rabotage des personnalités : faire de l’écriture sa vraie vie, transmuer en des mots qui nous appartiennent des événements anodins, connaître, ma petite-fille, ma chérie, la musique de son être, le vrai goût de soi …  »


J’ai eu l’occasion de découvrir ce roman historique grâce au film du même nom qui est sorti ce mercredi  dernier. Déclaré best-seller j’étais impatiente d’en savoir plus à son sujet.

Je m’attendais à une histoire romanesque purement fictive alors qu’il n’en est absolument rien, il s’agit en réalité d’un texte basé sur les lettres que les protagonistes ce sont réellement envoyé. A l’instar de la saga de Anna GODBERSEN qui s’appuie sur les coupures de journaux de l’époque, ici Chantal THOMAS a utilisé les Archives historiques de Madrid. On peut y admirer le langage de l’époque tout comme les majestueuses fautes d’orthographe. N’étant pas moi-même une experte je peux tout de même dire que cela demande pratiquement traduction par moments !

Au court de la lecture on se rend compte que l’auteur ne prend parti pour aucun personnage, elle se contente d’énoncer des faits dans leur plus simple apparat, parfois à la grâce de l’un, ou au détriment d’un autre. Je me suis retrouvé plusieurs fois à rire de bon cœur devant les pages, personne n’est épargné, rien n’est voilé à nos yeux. Aucune pudeur ne camoufle le texte, ce qui en fait vraiment la saveur ! Il arrive qu’il y ai des petites pointes de sarcasme mais cela ne fait qu’ajouter du plaisir à la lecture. J’ai lu dans certains avis que le style très « mélancolique » de l’écriture, très plat et justement sans de réelles nuances ou parti prit ennui le lecteur. Pour ma part ce ne fut pas le cas, bien au contraire car cela ne traîne pas en longueur, on ne s’éternise pas sur des points tels que les décors ou les costumes, on glisse doucement d’un sujet à un autre et ce manque de passion dans le texte est compensé par la richesse de l’histoire. A chacun de choisir sa façon de réagir et de penser par rapport à ce qui nous est dépeint, et je trouve cela vraiment intéressant.

En parlant de l’histoire, j’avoue avoir été agréablement ébahie de ma passion nouvelle pour l’histoire de France ! D’ordinaire je n’y prête pas attention, je ne suis pas très friande de ce genre en général. Pourtant là je n’ai quasiment pas lâché le roman, je l’ai fini en trois ou quatre jours. Il y ait question de deux tableaux à la fois, l’un traitant de la jeune princesse d’Espagne qui devient reine de France et de l’autre la fille du Duc d’Orléans qui devient reine d’Espagne. Chacune un caractère bien différent, avec son lot de passion, d’amour, de rébellion, de dénis mais aussi d’illusions. Car à cette époque comme à la notre, qu’il s’agisse de visuel, de maintient de l’apparat et de la bienséance cela prime sur la réalité. Savoir faire semblant, montrer une vérité qui n’existe pas alors qu’elle le devrait. Parce que le peuple a besoin de rêver, de s’imaginer que ces classes sociales vivent dans le luxe et le bonheur intégral.

Ce roman livre un récit passionnant sur l’époque de Louis XV, les ombres traînantes de Louis XIV, les angoisses de l’époque dut aux complots pour atteindre le pouvoir, les magouilles politiques pour monter dans la société, mais aussi un regard perçant sur les difficultés des femmes de l’époque qui une fois la nouveauté passé, la jeunesse fanée, sont rejetées. Comme la mode, aucune femme, princesse ni même reine n’est épargnée par la cruauté de ces sœurs.

★★★★

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