
De Anna GODBERSEN
Quatrième de couverture : Rien n’est plus dangereux qu’un secret…
Les amies d’hier sont devenues les rivales d’aujourd’hui. Coups bas à l’heure du thé, trahisons au cœur de la nuit, les bals somptueux bruissent des plus folles rumeurs. Retour à Manhattan… en 1899.
Dans cette suite on sent un changement dans la plume de l’auteure. Les mots utilisés nous plongent un peu plus dans l’ambiance, l’époque vécue. Nous nous arrétons bien plus aussi sur les tenues et toilettes de nos personnages. Ils étaient survolés ou en tout cas légers dans le premier opus alors que dans celui-ci, à chaque introduction d’une nouvelle scène, tous les personnages sont détaillés du haut de leur coiffe jusqu’à la pointe de leurs bottines en cuir tané à l’intérieur doublé en peau de chèvre (hiver New-Yorkais oblige). J’ai trouvé cette concentration appréciable car clairement c’est ce que l’on recherche dans ces volumes, on souhaite s’himmerger le plus possible dans l’élite dorée, vivre ces frasques romanesques avec toutes les belles robes et accéssoires dont étaient vernies ces dames de l’époque. Ce luxe étouffant, ces modes éphémères ne durant pas plus de quelques semaines ou mois au plus long, tout ce paraître, ces faux-semblants à maintenir aux yeux des autres.
Avec cela viennent de nouveaux personnages principaux. Surplombant le devant de la scène, Diana HOLLAND, Penelope HAYES et Carolina BROAD, dont on apprend leurs pensées intimes, leurs envies les plus profondes et inavouées pour l’instant. Mis à part Henry Schoonmaker, seules les femmes occupent le plus gros des pages du roman. On y voit l’évolution de Diana, passant de l’enfance à l’état de femme amoureuse que la passion transporte, Penelope qui n’arrive toujours pas à avoir ce qu’elle souhaite réellement, à savoir l’amour d’Henry malgré ces nombreux complots et embuscades. Quand à Carolina, l’ancienne bonne à tout faire de la famille HOLLAND, son ascenssion dans la haute société, l’apprentissage de tous les codes de bonne civilité, de stature en société, du paraître avec les plus grands de la ville pour faire sa réputation, tout cela noirci et fini par changer notre humble jeunette. Si pleine d’espoirs louables et nobles, la voilà éprise de pouvoir et asssoiffée de richesse.
Ce tome révèle un peu plus les viscissitudes que l’argent peut apporter sur les gens. Même la plus bonne des personnes peut se faire ternir par l’âppat du gain. Personne n’est à l’abri de perdre pied, de se laisser aveugler par ses rancunes et l’élévation sociale, créant un abysse séparant les castes nobles des castes plus petites mais non plus recommandables qui l’ont vu grandir auparavant. Un livre plus fort de tragédies, de passion, d’amour, de machinations politiques et amoureuses.
Excellente suite qui me fait languir de continuer pour découvrir ce que nous réserve les articles du « Joyeux Dandy » en cette année 1900 sur les bords de New-York.
★★★★★