
De Anna GODBERSEN
Quatrième de couverture : Dans le New York de la fin du XIXe siècle, Elizabeth Holland n’a aucune envie d’épouser Henry Schoonmaker, le riche fiancé choisi par ses parents, d’autant plus qu’elle aime Will, le domestique de la maison. Elles sont belles, riches, snobs, amoureuses et prêtes à tout pour trouver un mec, l’argent et la gloire… Scandales, drames et complots sur fond d’humour et de passion : le roman d’une jeune fille libre en 1899 à Manhattan.
Que d’aventure avec ce livre ! Je l’ai commencé il y a de cela environ huit ans, lorsqu’une amie me l’avait prêté entre deux heures de cours. Seulement voilà, avec les études et le manque de temps je n’ai jamais eu l’occasion de le continuer et j’ai dû le rendre à sa propriétaire légitime avant sa conclusion. Environ quatre ans plus tard j’ai eu l’opportunité de l’acheter, mais n’en ai pas repris la lecture pour autant. Le temps s’écoulant inlassablement et faisant son travail (petit hommage à Victor Hugo et à son œuvre Notre-Dame de Paris pour les connaisseurs !) je suis passé à autre chose en l’oubliant au fin fond de ma bibliothèque. Mais comme il ne faut jamais désespérer de rien, que ne découvris-je pas un jour dans un magasin aux prix cassés ? Les volumes deux et trois de cette saga, autrement dit la suite du pauvre livre esseulé. Le destin me lançant une corde que je ne pouvais feindre de voir, je me remis en route dans cette aventure de 1899 au cœur de New-York.
Je me suis lancé le petit défi de voir si j’étais capable de reprendre la lecture là où je l’avais abandonné à l’époque, puisque je me souvenais parfaitement de la dernière chose raconté. Bluffant de s’en souvenir aussi longtemps après me direz-vous ? Pas tant que ça car l’écriture est très agréable, totalement fluide. Le langage est simple, les scènes sont survolées sans entrer trop dans les détails. L’accent des descriptions est mis sur les costumes, ce que l’on attend dans un tel livre. Pour cela le niveau est top, on s’immerge complètement dans la mode et les coutumes de l’époque. Je m’égare, mais en réalité cela va avec ce que je dis plus haut. La lecture étant très lisse, il ne m’a fallu qu’un chapitre pour remettre en place les noms et les liaisons intimes entre chacun. En bref, j’ai relevé le défi et l’ai gagné haut la main !
Les personnages sont de la haute société New-Yorkaise pour la plupart, sauf quelques-uns mais qui touchent de près à cet univers en étant majordomes, femme de chambre, …. Un tel univers pourrait vite sembler pompeux et écœurant, hors l’auteure nous fait glisser et danser au fil des bals et soirées mondaines. Tout est léger, sur un parfum de complots, d’amours impossibles, de romances interdites, de rivalité et enfin de jalousie. Les classes se mélangent, s’entremêlent et créent un vrai capharnaüm de sentiments. Dans ce monde où les apparences comptent plus que le reste, chacun vend son âme ou encore son corps pour arriver au sommet. Certains décident de se rebeller et préfèrent vivre une vie heureuse et épanouie en accédant au bonheur même si cela implique de laisser derrière sois son nom et sa famille. A chacun son courage, sa bataille à mener.
Je regrette une seule chose dans ce livre. Sans spoiler, il y a à un moment du récit une histoire de tableau entre deux sœurs. Cette histoire arrive très peu de temps avant qu’une énigme ne soit posée, et dont la résolution vous vous en doutez trouve son but avec la peinture. Ce qui m’a dérangé est que tout au long du texte on parle de tableaux, alors pourquoi ne pas avoir noyé cette anecdote dedans, pourquoi la mettre au centre d’une scène anodine, paraissant n’avoir aucun lien avec ce qui s’y passe. Cela trouve son sens plus tard certes, mais ne fait que marquer comme imposé ce passage pour la suite. J’en ressors avec le sentiment que l’auteure n’avait pas prévu la chute de son livre et a rajouté des éléments au fur et à mesure de son écriture, rajoutant des bouts un peu par ci par là pour combler les manquements.
Autrement lecture très positive, sans prise de tête qui plaira plus aux jeunes filles qu’aux jeunes adultes comme moi, mais qui est très agréable pour s’aérer l’esprit. J’aime l’ambiance, l’époque, les entremêlements entre les personnages. Je me mets de ce pas à la suite qui enfile sa longue robe rouge sang des complots non aboutis.
★★★★★